Le Liston et les façades vénitiennes de la vieille ville de Corfou au coucher du soleil

Échappées · Grèce

Corfou, l'échappée ionienne

À 2 h 45 de Paris, quatre jours entre une baie privée, deux îles de carte postale et une ville vénitienne.

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Après Lisbonne, notre série des échappées met le cap au sud-est. Fin août, l'équipe a réservé deux jours avant le départ un vol pour Corfou, avec quatre nuits devant elle et une envie simple : la mer la plus claire possible, sans renoncer à une vraie ville le soir. Voici notre carnet — où nous avons dormi, navigué et dîné, avec les repères utiles pour organiser le même voyage.

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L'île vénitienne de la Grèce

Corfou ne ressemble pas à l'idée que l'on se fait de la Grèce. Pas de maisons cubiques blanchies à la chaux ni de rocaille brûlée : ici, tout est vert — des millions d'oliviers, des cyprès, des collines qui descendent en pente douce vers une mer d'un bleu de lagon. Et la ville est italienne avant d'être grecque. Quatre siècles de domination vénitienne (1386-1797) lui ont laissé deux forteresses, des façades ocre et roses à volets verts, des ruelles étroites que l'on appelle kantounia, et un centre historique inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Il y a même un morceau de Paris au milieu de tout cela : le Liston, cette promenade à arcades qui borde la grande esplanade de la Spianada, a été bâtie sous l'occupation française du début du XIXe siècle sur le modèle de la rue de Rivoli. On y prend le café sous les voûtes, face à un terrain de cricket hérité des Britanniques — Corfou est une île d'empilements.

Les kantounia de la vieille ville — murs vénitiens, volets verts, linge aux fenêtres : Corfou se visite en levant la tête.

Aller à Corfou depuis Paris

Le Domes Miramare, une baie pour soi

Notre adresse de ce carnet est un hôtel réservé aux adultes posé au bord de l'eau à Moraitika, sur la côte est de l'île : le Domes Miramare, a Luxury Collection Resort. Un ancien palace des années 1960 entièrement repensé, avec ses bungalows de pierre et de bois glissés entre les oliviers, sa plage de galets blonds et, surtout, son ponton privé d'où partent les bateaux. Nous avions une chambre Emerald Retreat en front de mer, lit king, terrasse à trois mètres de l'eau — un cadre qu'aucun palace parisien ne peut offrir.

La baie de Moraitika au petit matin — mer d'huile, oliviers et un ponton d'où tout part.

La vraie vie de l'hôtel se joue au ponton et à la plage : transats face à l'eau, service de bar jusqu'au soir, matelas flottants et cette lumière ionienne, plus douce que celle des Cyclades. Le service de conciergerie, lui, mérite un paragraphe : en trois échanges de mails, il nous a trouvé un bateau privé, réorganisé la sortie quand la météo l'a exigé et fait ajouter une paire de lunettes de plongée à bord parce que nous n'en avions emporté qu'une.

Paxos et Antipaxos en bateau privé

C'est la journée pour laquelle on vient à Corfou sans le savoir. À une heure de navigation au sud se trouvent deux îles minuscules : Paxos, ses ports de poche et sa côte ouest percée de grottes marines, et Antipaxos, dont les plages de Voutoumi et de Vrika ont une eau si claire qu'on se croirait aux Antilles. Nous avons réservé, via la conciergerie, un semi-rigide Prestige avec capitaine pour la journée : 1 250 € pour le bateau (à partager entre les passagers, jusqu'à huit sur ce type d'embarcation), départ 10 h du ponton de l'hôtel, retour vers 18 h.

Voutoumi, Antipaxos — l'eau la plus transparente de la mer Ionienne, vue de l'avant du bateau.

Le programme se déroule en douceur : d'abord les grottes bleues de Paxos, dans lesquelles le capitaine engage la coque au ralenti, puis les baignades d'Antipaxos, un déjeuner de poisson grillé dans le port de Gaios, et une dernière escale dans une crique choisie par le capitaine selon le vent. Justement, le vent : notre sortie prévue le samedi a été reportée au lundi pour cause de mer formée, et le bateau de rechange proposé pour le dimanche a lâché la veille pour une panne. Moralité : demandez le bateau dès la réservation de l'hôtel, gardez deux jours possibles dans votre séjour, et laissez le concierge arbitrer avec la météo — il l'a fait pour nous, parfaitement.

Corfou-ville : le Liston, la Spianada, le vieux port

Le dimanche, cap sur la ville — Kerkyra pour les Grecs. Trente-cinq minutes de Bolt (77 €, prix du dimanche soir en août) et l'on débarque au pied de l'immense Spianada, la plus grande place de Grèce, ceinturée par les arcades du Liston d'un côté et la vieille forteresse vénitienne de l'autre, posée sur son promontoire au-dessus de la mer. Passez par le Palais de Saint-Michel-et-Saint-Georges, puis perdez-vous dans les kantounia : c'est là que la ville se donne, entre les échoppes de kumquat confit, les cours à linge et les églises byzantines dont les cloches sonnent à la vénitienne.

Sous les arcades du Liston, copié sur la rue de Rivoli — Corfou au moment où la ville sort dîner.

Descendez enfin vers le vieux port et le quartier de Spilia, la partie la plus vivante de la vieille ville à la nuit tombée. Nous y avons dîné chez Salto, un bistrot-bar à vin ouvert en 2013 par deux chefs, Pavlos et Natasha : cuisine ouverte, comptoir de quatorze places face au passe, plus de cent vins grecs de petits producteurs. Poisson du jour, gnocchis à la sauge, une bouteille de blanc de Céphalonie. Réservez, la salle est minuscule. Retour à l'hôtel en Uber, 40 €.

Vu du ciel : parapente au-dessus de la mer Ionienne

Le dimanche matin, avant la ville, nous avons pris de la hauteur : un vol en parapente biplace au-dessus de la côte, réservé la veille sur place. Le décollage se fait depuis les collines qui dominent la mer, et pendant vingt minutes on comprend l'île d'un coup d'œil — le ruban blond des plages, le vert des oliveraies jusqu'au sommet du Pantokrator, et au large, la ligne bleue de l'Albanie, à deux kilomètres seulement au nord. Une expérience simple à organiser (les moniteurs viennent vous chercher) et la plus belle « photo » du séjour, même si l'on n'en rapporte aucune.

Nos tables — testées sur place

Repères de prix pour organiser le voyage

Quelques montants réels de notre séjour, pour deux personnes fin août — la saison la plus chère de l'année. Hôtel et restaurants dépendent de vos envies : l'île offre tous les niveaux, de la taverne de port au palace en front de mer.

Réserver ses visites et activités

Corfou se prête merveilleusement aux expériences : une croisière vers Paxos et Antipaxos, une journée à Paleokastritsa et ses grottes, la visite de l'Achilleion, le palais de Sissi. En août, les bateaux partent complets — réservez avant le départ.

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Où dormir à Corfou : nos adresses

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Avant de reprendre l'avion, un dernier arrêt sous les arcades du Liston pour un café frappé et un sachet de kumquats confits — le souvenir de Corfou qui ne finit pas au fond d'un placard.

Et pour prolonger l'été à la maison : l'équipe qui a testé Corfou est celle qui vous accueille toute l'année à Paris. Lavie Maison loue des appartements de caractère dans les plus beaux quartiers de la capitale — Marais, Saint-Germain, rive gauche, Trocadéro — avec une vraie cuisine, des lits d'hôtel et un accueil en dix langues. Réservez en direct sur notre site : les nuitées y sont 5 % moins chères que sur les plateformes, et l'équipe répond avant, pendant et après votre séjour. Nous sommes aussi à Nice et à Bordeaux pour ceux qui préfèrent la Riviera ou les vignes.

À Corfou, le luxe n'est pas le prix du bateau : c'est la première brasse dans l'eau d'Antipaxos, quand on comprend qu'aucune photo n'aurait rendu cette couleur.

Questions fréquentes

Combien de temps pour aller de Paris à Corfou ?

Environ 2 h 45 en vol direct depuis Orly (Transavia, easyJet en saison). L'aéroport est à dix minutes du centre de Corfou-ville et à trente-cinq minutes de la baie de Moraitika. Corfou vit avec une heure de plus qu'à Paris.

Combien de jours prévoir à Corfou ?

Quatre nuits, le format de ce carnet, permettent une journée en bateau vers Paxos et Antipaxos, une soirée dans la vieille ville et deux vraies journées de plage. Avec une semaine, ajoutez Paleokastritsa et la côte nord-ouest, l'Achilleion et une journée de route dans les villages de l'intérieur.

Quel budget prévoir pour Corfou en août ?

Pour les postes que l'on peut anticiper : les vols réservés à la dernière minute nous ont coûté 580 € par personne (deux fois moins en s'y prenant tôt), la journée de bateau privé 1 250 € pour le bateau, et une course de taxi vers la ville 40 à 77 €. Hôtel et tables dépendent de vos envies : l'île offre tous les niveaux, de la taverne de port au palace en front de mer, et août reste la saison la plus demandée.

Corfou en plein été, bonne idée ?

Oui : l'île est plus verte et plus tempérée que les Cyclades, sans le meltem qui balaie la mer Égée. Prévoyez tout de même une marge pour les sorties en bateau, dont la météo peut décaler la date, comme cela nous est arrivé. Fin août, l'eau est à 26 °C et les soirées restent douces.

Comment se déplacer à Corfou ?

Uber et Bolt appellent des taxis locaux dans la moitié sud de l'île et jusqu'à la vieille ville : 40 à 77 € pour trente kilomètres. Pour explorer la côte nord-ouest ou les villages, louez une voiture. Et pour Paxos et Antipaxos, le bateau privé depuis le ponton de l'hôtel évite le ferry et sa foule.